FETE DES LUMIERES

Lyon - Du 07 au 09/12/2017

Profitant du fait qu'il me restait des jours de congé à prendre avant la fin de l'année, je descends vers Lyon, pour la Fête des Lumières. Ca faisait longtemps que je voulais y aller au moins une fois, l'événement étant quand même un des plus réputés (voire même LE plus réputé) dans ce style de manifestation.

Plus de 40 installations à voir, réparties sur 3 parcours d'environ 3km chacun. J'avais donc prévu d'y rester 3 jours sur les 4 que dure la fête, à raison d'un parcours par soir. Une soirée de 4h pour faire 3km, ça peut paraître énorme, mais on m'avait bien mis en garde : il y a énormément de monde, on parle en centaines de milliers de personnes !

J'ai pu m'en rendre compte très vite, et ce avant même d'arriver dans le centre-ville. Au niveau des stations de métro tout d'abord, auxquelles on accède par des lacets formés par des barrières, comme dans les parcs d'attractions. Le nombre d'employés dans chaque station, pour renseigner et guider les gens, est hallucinant. De ce point de vue-là, c'est super-bien organisé, mais ça fait limite un peu peur quand on voit la marée humaine qui descend de chaque rame, d'autant plus que la fréquence des métros est elle aussi boostée pour l'occasion. Une fois en surface dans le centre-ville, ça grouille déjà de monde, alors qu'il reste encore 1h avant le début des festivités, et ce n'est qu'un avant-goût par rapport au reste de la soirée...

20h, les installations s'illuminent partout dans la ville. J'entame le premier parcours, avec pour commencer une première installation très sympa, composée d'un champ de triangles lumineux placés sur mâts, changeant de couleur et se déplaçant verticalement selon des séquences pré-programmées.

Un premier show de projections et de vidéo-mapping, sur le thème des vieux jeux vidéo d'arcade. Pas révolutionnaire mais avec quelques séquences pas trop mal.

Incontestablement la plus belle installation de la fête : une place transformée en gigantesque jardin lumineux. J'avais déjà eu l'occasion de voir quelques-unes de ces fleurs géantes au Brussels Light Festival un an auparavant, à la différence près qu'il n'y en avait que 3. Une différence de taille puisqu'ici il y en a... plus de 40 ! Avec la grande roue en arrière-plan, le décor est haut en couleurs, vraiment magnifique, et très photogénique... mais assez difficile à prendre en photo à cause de la foule présente en masse.

Show son et lumières sur la colline de Fourvières au bord de la Saône. Un grand déploiement de matériel (notamment un nombre assez élevé de skytracers) mais un show finalement assez simpliste, ça aurait pu être beaucoup plus impressionnant.

La façade d'un théâtre totalement relookée, très jolie même s'il est un peu dommage qu'il ne s'agissait que projection fixe et nom d'une animation.

Quelques autres installations en vrac au détour des rues :

Alors qu'il n'était déjà pas évident de prendre des photos à cause de la foule, voilà que la pluie vient elle aussi jouer les trouble-fête, alors qu'il n'est que 22h30. J'ai encore pu assister à un grand show de vidéo-mapping assez sympa, sur le thème du cinéma, que je n'ai pu immortaliser ni en photo ni en vidéo vu les conditions météo. Et je n'aurai malheureusement pas le temps d'y retourner durant les 2 jours suivants, vu les difficultés et le temps d'attente pour accéder à la place, à cause de la foule.

Voici donc les dernières photos de la soirée, durant une très courte accalmie, avant que je ne remballe définitivement mon appareil. J'avais bien l'intention d'en profiter un maximum et de rester jusqu'à la fin de la soirée, d'autant plus qu'il me restait encore 2 ou 3 installations à voir, mais la pluie battante a été plus forte que ma motivation.

Je suis littéralement trempé lorsque j'arrive à la station de métro, où il faut encore faire la file pendant 10 grosses minutes (sous la pluie évidemment) avant de pouvoir y pénétrer. Une fois à l'intérieur, les métros sont évidemment bondés, mais je tiens tout de même à souligner l'efficacité des transports en commun face un tel afflux ininterrompu de passagers. Une rame a à peine quitté la station que la suivante arrive déjà derrière. Elles sont beaucoup plus petites qu'à Bruxelles, mais à raison d'une toutes les minutes ou presque, le débit est incroyable.

Deuxième soirée, qui ne sera pas vraiment meilleure que la première au niveau de la météo, avec de fréquentes averses entrecoupées de périodes d’accalmie (à peu près 50/50, et ce tout au long de la soirée). Cela ne décourage pas la foule cela dit, il y a au moins autant de monde que la veille (cela aurait peut-être été encore bien pire sans la pluie, le vendredi soir étant apparemment le jour où il y a le plus de monde).

J'entame le parcours N°2 démarrant au sommet de la Croix-Rousse, avec un gros goulet d'étranglement dès le début du parcours, alors que la soirée commence à peine. L'installation fait un peu penser à une montée des marches à Cannes, mais dans le cas présent, c'est une descente ! L'escalier est couvert par un grand portail composé de plusieurs miroirs, surmonté de quelques skytracers, sur fond de musiques et extraits de films célèbres. Plus bas, on continue à travers un petit parc entièrement éclairé, avec encore de nombreux miroirs de part et d'autre du chemin. Assez sympa dans l'ensemble, si on fait abstraction de la foule.

Deuxième grosse installation du parcours : une invasion de dizaines d'araignées géantes lumineuses, suspendues à des arbres, dans un petit square. J'imagine que les structures sont modulables et doivent permettre de faire à peu près n'importe quelle forme, car il s'agit en fait d'une variante de ce que j'avais déjà eu l'occasion de voir lors de la soirée d'ouverture de Mons 2015, à la différence près qu'il s'agissait de danseurs. L'idée des araignées est assez originale, et je préfère nettement cette variante-ci par rapport à ce que j'avais vu à Mons, notamment parce que les "acteurs" sont moins les uns sur les autres, on distingue beaucoup mieux les formes, et puis peut-être aussi à cause du lieu, qui s'y prête très bien et qui est plus renfermé.

Autre installation assez sympa visuellement, mais qui manquait d'un peu de musique ou de bruitages d'ambiance. Une mise en scène un peu plus travaillée aurait été la bienvenue.

Une matrice de tiges à LEDS dont les mouvements de lumière et l'intensité étaient commandés par le public via des capteurs. Assez original, avec un petit côté hypnotisant !

Quelques autres installations en vrac :

Ballet d'oiseaux géants volant au-dessus de plantes lumineuses posées à la surface de l'eau, une installation que j'avais déjà eu l'occasion de voir, dans une configuration un peu différente, à la Nuit du Feu de Chevetogne en Belgique ! (comme quoi il n'est pas toujours nécessaire d'aller bien loin !)

Fin de soirée, je profite des dernières minutes pour refaire un petit tour au milieu du grand jardin lumineux déjà vu la veille, avant que ça ne s'éteigne. Il y a beaucoup moins de monde par rapport à la veille, probablement parce les gens commencent le parcours par ici, sans compter qu'il est déjà tard et que la pluie a peut-être fait fuir les gens un peu plus tôt que prévu. Je ne vais pas m'en plaindre, je m'en donne à coeur joie avec les photos, c'est toujours aussi féérique !

Troisième et dernière soirée, avec au programme le troisième parcours, dans le vieux Lyon et sur la colline de Fourvières. Plus tôt dans l'après-midi, il y avait un bon quart d'heure de file pour accéder au funiculaire permettant de monter en haut de la colline. C'est évidemment encore bien pire à l'approche du début des animations, j'ai vite abandonné l'idée de m'y risquer en voyant les centaines de personnes qui tentaient tant bien que mal de rentrer dans la station. Plan B donc, c'est-à-dire monter à pieds ! Ce n'est pas de tout repos car c'est assez raide, mais il est certain que j'arriverai au sommet plus vite.

Tout comme la veille, c'est encore bien la cohue pour accéder à la première installation du parcours, située au sein d'un petit amphithéâtre romain. Outre l'éclairage de ce qu'il reste des murailles, les gradins sont entièrement illuminés au moyen de milliers de petites bougies. Respect pour les bénévoles qui ont sans doute passé pas mal de temps pour les allumer une par une, et qui restaient là toute la soirée pour rallumer celles qui viendraient à s'éteindre !

Il ne s'agit cependant que d'une moitié de l'installation, l'autre moitié se situant sur un terrain plat en contrebas. Encore des milliers de bougies, qui cette fois forment le visage d'une femme. Celui-ci n'est cependant pas très perceptible, pour la simple raison que je suis à l'envers par rapport au dessin. J'avoue que je ne comprends pas trop pourquoi ils ne l'ont pas fait dans l'autre sens, car pour bien faire il faut un peu de hauteur pour bien distinguer de quoi il s'agit, ce qui était impossible si on regardait le dessin dans le bon axe.

Juste à côté se trouve un deuxième amphithéâtre, beaucoup plus grand celui-là, où a lieu un grand show son & lumières d'une dizaine de minutes, avec projections vidéos sur les gradins qui jouent le rôle d'écran géant. Le show a aussi la particularité de mettre en scène un vrai cavalier, faisant quelques apparitions à 2 ou 3 reprises. Assez joli dans l'ensemble, de part la grandeur et la mise en valeur du site.

Une série d'oeuvres et d'animations réalisées par des étudiants d'écoles d'art, d'architecture, de design et d'ingénieurs. Certaines d'entre elles sont un peu basiques et/ou font un peu bricolage par rapport au reste, à l'exception des projections mapping. Plusieurs courtes animations très différentes les unes des autres s'enchaînent (j'en ai regardé 4 ou 5), avec quelques séquences pas trop mal et assez originales, même si ça ne vaut pas les grands shows de vidéo-mapping "professionnels".

Globoscope, une installation que j'avais déjà eu l'occasion de voir au Lichtfestival de Gand en 2015, composée de dizaines de globes lumineux formant une sorte de grande matrice, et clignotant en dessinant différents motifs abstraits, sur fond de bruitages d'ambiance. Très sympa, avec toutefois un petit coup de gueule contre le public, beaucoup de gens n'hésitant pas à se balader en plein milieu de l'installation au lieu de faire le tour par le chemin. Du coup, il fallait bien que ça arrive, j'ai vu un type heurter sans le faire exprès un des globes, et comme le terrain était en pente, celui-ci a roulé sur plusieurs mètres... bravo...

Spectacle de vidéo-mapping "Guignol sur la colline", mettant en scène des marionnettes, dont Guignol, qui est visiblement un personnage connu dans la ville de Lyon. Un show bon enfant, avec quelques effets comiques par moments, vraiment très réussi !

Il est presque 22h, il est plus que temps de redescendre vers le vieux Lyon, car je ne suis qu'à la moitié du parcours, il y a encore 2 gros spectacles de mapping que je ne voudrais pas louper, dont un qui risque d'être assez difficile d'accès.

Comme je m'y attendais, ça coince pas mal pour accéder à la place devant la cathédrale Saint-Jean. La police fait barrage et bloque la foule dès que la place est (presque) pleine. Résultat, je devrai attendre pas moins de 3 rotations (soit environ 1/2h) avant de pouvoir y accéder.

Quant au show de vidéo-mapping qui y était projeté, j'avoue avoir été un peu déçu. Il y avait bien quelques séquences intéressantes, mais dans l'ensemble, je trouve que les différentes formes de la façade n'étaient pas bien mises en valeur. Ce n'est clairement pas le meilleur show que j'ai vu dans ce genre-là.

Un autre show de projections et vidéo-mapping un peu plus loin, moins imposant mais plus original, avec un côté un peu psychédélique.

Le temps passe vite, plus que 18 minutes pour les 3 dernières installations du parcours, heureusement assez proches les unes des autres. Les deux premières étaient "fixes", je ne me suis donc pas attardé plus d'une minute, juste le temps de prendre une photo ! La dernière était un peu plus intéressante, composée de grands tubes lumineux dont l'intensité variait en fonction de celle du son produit par un carillon suspendu accessible au public, le tout produisant une ambiance assez mystérieuse.

Au final, les 3 soirées n'auront vraiment pas été de trop pour tout voir ! Et encore, j'ai loupé 2-3 installations sur le premier parcours, bien que c'était principalement à cause de la pluie. La fête est bel et bien à la hauteur de sa réputation : c'est grand et il y a tout de même pas mal de choses à voir. Un peu dommage cependant que les animations ne commencent qu'à 20h, alors qu'il fait déjà bien noir à 18h. Rallonger de 2h chaque jour permettrait peut-être de fluidifier un peu plus les différents parcours.

Je ne regrette certainement pas d'être venu au moins une fois, mais cependant je ne pense pas que je reviendrai, et ce pour deux raisons. La première : la foule !! Il y a vraiment trooooop trop de monde !! J'y allais en connaissance de cause certes, mais quand même ! La deuxième raison, c'est que même si Lyon reste LA référence en la matière, il y a d'autres événements similaires plus près de chez moi, notamment le Lichtfestival de Gand, le festival GLOW à Eindhoven ou encore le Brussels Light Festival (qui est tout nouveau mais qui j'espère va prendre de l'ampleur). Ils ne sont pas aussi grands, mais on peut y voir tout de même de très belles choses.

Pour terminer, une petite vidéo best-of (sans édition au niveau de l'audio)

Liens vidéo : Youtube - Vimeo